La dentelle au Point d'Alençon

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La dentelle au Point d'Alençon

Longtemps gardée jalousement secrète, la technique de la dentelle au Point d’Alençon est unique au monde. Cette dentelle est l’un des fondements de l’identité de la ville, et représente aujourd’hui une certaine idée de l’excellence. Fière de ce patrimoine exceptionnel, Alençon affiche sa dentelle sur des supports originaux tels que le mobilier urbain ou un ensemble de produits dérivés, rendant enfin visible aux yeux de tous cet art délicat.

Patrimoine mondial UNESCOLe savoir-faire de la dentelle au Point d'Alençon est depuis 2010 classé sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO.

Une exposition lui est dédiée au Musée des Beaux-arts et de la Dentelle à Alençon.

 

 

La technique du Point d'Alençon

Depuis le XVIIe siècle, la dentelle à l'aiguille est fabriquée à Alençon selon une organisation particulière impliquant une division et une spécialisation du travail, qui suppose autant d'ouvrières que d'opérations. Il faut dix étapes pour exécuter le Point d'Alençon. Le matériel nécessaire consiste simplement en une aiguille, du fil de lin et un support en vélin ou parchemin.

Les étapes de fabrication s'organisent ainsi :

• le dessin, le piquage et la trace sont les trois étapes préparatoires avant l'exécution du fond : le réseau.

• le décor est ensuite réalisé selon différents points de remplis puis de modes variés.

• la brode donne le relief à ce décor.

• l'enlevage, l'éboutage, le régalage permettent de détacher la dentelle du support provisoire en parchemin.

Aller plus loin
Le savoir-faire de la dentelle au Point d'Alençon en images

Pour la réalisation d'un médaillon, le travail est achevé mais, pour une pièce de grande dimension, il faut assembler les différents éléments réalisés de fabrication grâce à une point de raccroc invisible.

Aujourd'hui encore source d'inspiration, la dentelle séduit les créateurs de haute couture comme l'évoquent, tous les deux ans, les expositions du Musée des beaux-arts et de la dentelle.

L'histoire du Point d'Alençon

XVIIè siècle

Une tradition dentellière existe déjà à Alençon où l'on réalise des travaux d'aiguille et en particulier du point coupé.

Madame La Perrière () a trouvé le moyen d'imiter le Point de Venise en travaillant sur un parchemin provisoire et en organisant la division du travail.

Colbert décide l'installation d'une manufacture royale de dentelles en 1665 étant donné l'existence de ce savoir-faire dentellier. Près de huit mille personnes à Alençon et dans les environs (Sées, Argentan, jusqu'à Falaise, Mamers, Beaumont...) réalisent du point à l'aiguille, qui va porter le nom de Point de France.

A partir de 1675, le monopole d'Etat n'est pas renouvelé. Alençon profite de son autonomie pour développer le Point qui lui est propre avec l'invention du réseau qui le rend plus délicat encore : le Point d'Alençon est né.

XVIIIè siècle

Le Point d'Alençon est déclaré "dentelle d'hiver" à la cour. Il est alors rehaussé de modes : motifs ornementaux révélant la richesse du Point d'Alençon.

La révolution n'arrête pas la fabrication de la dentelle d'Alençon, mais elle lui porte un coup important.

XIXè siècle

Le Point d'Alençon connaît un nouvel essor sous le Ier Empire avec quelques commandes somptueuses avant de connaître un nouveau déclin vers 1820.

Au milieu du XIXè siècle, le Second Empire rétablit le goût du luxe et le Point d'Alençon remporte de nouveaux succès aux Expositions Industrielles et Universelles.

Lors de la première Exposition Universelle à Londres en 1851, le Point d'Alençon est qualifié de "reine des dentelles".

A partir de 1880, c'est le début d'un irrémédiable déclin dû à la concurrence de la dentelle mécanique et à l'évolution de la mode.

XXè siècle

En 1903, la création d'une école dentellière par la Chambre de Commerce d'Alençon permet la sauvegarde de la technique.

En 1976, l'Etat crée l'Atelier national du Point d'Alençon où aujourd'hui encore, une dizaine de dentellières perpétue ce savoir-faire et réalise des pièces destinées au Mobilier National.

 

L'Atelier National

Rattaché au Ministère de la Culture, l'atelier national (non accessible au public) a pour vocation de maintenir la tradition de la technique dentellière. Une douzaine de dentellières perpétue ce savoir-faire unique, au titre de la « sauvegarde du patrimoine national ». Un motif de dentelle aux dimensions d'un timbre-poste demande 25 heures de travail. Huit ans de formation sont nécessaires pour appréhender la technique du Point d'Alençon.